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jeudi, 22 juin 2006 17:06

MERGUSIE

Écrit par  Le Goulven P. / Leduc C.
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Titre du projet : MErguellil : Ressources, Gestion et USages Intégrés de l’Eau

Responsable du projet : Patrick Le Goulven / Christian Leduc

 

 

Organismes partenaires :DGRE, INAT (Génie rural, Economie rurale et Agronomie), CRDAK, DGGR, ENIT, Université Tunis 1 et Université de Sfax.

Tél : 00 216 71 75 00 09

 

Type de projet : Projet National Mobilisateur

Fax : 00 216 71 75 02 54

 

Pays, région : Tunisie

E-mail : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

Date de début : 1998

Site web  : http://www.g-eau.net - http://www.ird.fr

 

Date de fin  : 2006

 

 

Description du projet :

Le bassin du Merguellil fait partie d’un ensemble de 3 bassins versants alimentant la plaine de Kairouan. A son arrivée dans la plaine, il est fermé par le grand barrage d’El Haouareb construit pour préserver la ville contre les crues et réalimenter la nappe aval. 

Le bassin amont (1200 km2) est équipé d’ouvrages de conservation des eaux et des sols sur 25 % de sa superficie, de 38 lacs collinaires, de 4 barrages collinaires et du grand barrage (90 Mm3 de capacité).

Dans la plaine de Kairouan, la zone sous influence de l'oued Merguellil est estimée à 200 km². L’irrigation est prépondérante soit par puits privés soit dans des périmètres collectifs.   Le bassin du Merguellil a été retenu par le gouvernement tunisien comme zone pilote pour une étude de gestion intégrée de l'eau en milieu semi-aride.   Ce projet national répond :

- d'une part, à un souci stratégique de traiter le problème de l'eau par des actions simultanées sur l'offre et la demande.

- d'autre part à un souci d'analyser en profondeur un cas complexe opposant une zone amont en cours d'aménagement et une zone aval très agricole et pratiquant l’irrigation à partir d'une nappe en accès libre mais dont le niveau baisse régulièrement.

 

 

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Barrage sur bassin amont Merguellil (C. Legrand, IRD, déc. 2003)  

 Mots-clefs : Ressource en eau, Gestion, Modèle, Aménagements hydroagricoles, Dynamique Ressources-Usages


LA MAITRISE DE L'EAU EN TUNISIE

L'aspect historique général

Dans ces zones difficiles, de tous temps, les populations ont su déployer un réel savoir-faire pour maîtriser et utiliser les écoulements qui se produisent de façon sporadique, par des événements brefs dans lesquels transitent des volumes importants avec des vitesses élevées.

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 Aménagements romains (Photos R. Calvez, IRD)

La notion de bassin versant et son aménagement remonte à l'époque romaine à travers des tabias, jessours, Mgoud, meskat, séguias. Le caractère rudimentaire des ouvrages était compensé par une gestion sociale de l'eau très poussée. Il y avait totale cohérence entre outils techniques et objectifs de gestion ce qui assurait une bonne performance globale du système.

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Avec l'émergence des "espaces nations", les pouvoirs publics, à travers des instances centralisées, ont pris en charge la gestion de l'eau avec pour objectif principal un accroissement important de la ressource mobilisable. Cette intervention de l'état s'est traduite par une phase d'investissement technique, puis une phase d'accompagnement légal et structurel et enfin dans une phase des économies, seule solution pouvant conduire à un équilibre offre-demande durable. Il s'agit de satisfaire au mieux des demandes plus nombreuses et très diversifiées, sans remettre en cause l'utilisation qui est faite de la ressource. 

 L'évolution dans la zone d'étude

Si on regarde l'application de cette évolution à la zone d'étude, on s'aperçoit que l'on trouvait, il y a une cinquantaine d'années, développés sur le haut bassin, des aménagements traditionnels sans incidence forte sur les écoulements car l’eau était utilisée ponctuellement dans les fonds d’oueds ou dans des nappes très localisées. Les usages restaient peu significatifs. En plaine, les usages étaient donc localisés majoritairement autour de la ville de Kairouan à partir de puits généralement peu profonds.
Dans les années 60, un projet américain finance les premiers aménagements sur le bassin du Merguellil : banquettes et quelques lacs collinaires.

L’année 1969 est le véritable point de départ des grands aménagements dans la région. Les événements hydrologiques sont exceptionnels, le débit du Merguellil dépasse les 3000 m3/s, la plaine de Kairouan est totalement inondée et la ville protégée de justesse par des digues à peine terminées.
Quelques années plus tard, les oueds Zeroud et Merguellil sont barrés par des grands barrages (respectivement Sidi Saad en 1981 et El Haouareb en 1989) construits dans un but de protection de la ville et donc dimensionnés en conséquence.

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 Barrage El Haouareb (Photo R. Calvez, IRD)

L’oued Nebhana était déjà aménagé depuis 1965.
Afin de protéger ces grands ouvrages contre l'envasement, l'état lance sur le bassin amont une politique volontariste de travaux de conservation des eaux et des sols (plus de 200 km2 de banquettes) et de construction de lacs et barrages collinaires (38 lacs et 5 barrages réalisés). La bonne qualité de l'eau des nappes amont conduit à la réalisation de nombreux forages d'eau potable pour alimenter la zone touristique du Sahel.

En aval du barrage El Haouareb, les périmètres publics d'irrigation sont créés, alimentés par des forages dans la nappe de Kairouan (50 GIC existants ou en cours sur l'ensemble de la plaine de Kairouan). Le nombre total de forages pour la région Kairouan est estimé à 285 dont 145 pour l'irrigation. 

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Puit traditionnel (Photo C. Legrand, IRD) 

Parallèlement, les agriculteurs hors périmètres irrigués creusent des puits dont la profondeur est limitée à 50 m mais qui rapidement sont prolongés par des mini-forages afin de pouvoir accéder à la nappe qui baisse régulièrement.
Sur les 200 km2 de la zone d'étude on recense aujourd'hui plus de 1200 puits et environ 8000 sur l'ensemble de la plaine. La cadence d'accroissement a été de 235 puits /an entre 1985 et 1995.

GESTION INTEGREE SUR BASSINS VERSANTS - TUNISIE

Le bassin du Merguellil a été retenu par le gouvernement tunisien comme zone pilote pour une étude de gestion intégrée de l'eau en milieu semi-aride.
Ce projet national répond, d'une part, à un souci stratégique de traiter le problème de l'eau en Tunisie, pays où la ressource est limitée à 480 m3/hab/an, par une action simultanée sur l'offre et la demande et d'autre part d'analyser en profondeur un cas complexe opposant une zone amont encore en cours d'aménagement (banquettes, lacs et barrages collinaires, forages pour l'eau potable) et une zone aval fortement agricole et pratiquant des productions irriguées à partir d'une nappe en accès libre mais dont le niveau baisse régulièrement.

 

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Tabias (Photo C. Legrand, IRD)

Les deux zones du bassin versant sont séparées par le grand barrage d’El Haouareb construit pour lutter contre les crues et réalimenter la nappe aval.

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 Lac collinaire (Photo C. Legrand, IRD)

Le Site

Le bassin du Merguellil fait partie d’un ensemble de 3 bassins versants alimentant la plaine de Kairouan.
La partie amont du bassin couvre une superficie de 1540 km² au barrage d’El Haouareb. Dans la plaine de Kairouan, d'une superficie totale de 3000 km², la zone sous influence de l'oued Merguellil est estimée à 400 km². Le bassin est équipé de banquettes sans gestion possible (25 % de superficie), de 38 lacs collinaires, de 4 barrages collinaires avec gestion d’une capacité moyenne de 1 Mm3 et d’un grand barrage qui ferme le bassin (90 Mm3 de capacité). L’irrigation est prépondérante soit par puits privés soit dans des périmètres collectifs. La nappe aval est surexploitée et en baisse continue.image010.gif

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette région de la Tunisie centrale est soumise à un climat semi-aride avec une variabilité inter-annuelle des précipitations très fortes.
Les parties supérieures du bassin sont couvertes de forêt et maquis (Forêt de la KESRA) sévèrement dégradés. Au centre du bassin on rencontre des cultures en sec sur les aménagements de banquettes (tabias) et une irrigation autour des lacs collinaires.
La zone de plaine est entièrement cultivée avec des céréales, de l'arboriculture en sec et en irrigué et du maraîchage irrigué.


 

La ressource est totalement mobilisée sur le bassin et les demandes globales sont supérieures surtout du fait des usages agricoles. L’objectif de l’étude est d’analyser une gestion intégrée de l’eau en mettant l’accent sur les connexions entre modèles de nature différente, sur les transferts d’échelles sur la ressource (maillage des écoulements) et sur la demande (de la parcelle aux usagers d’une même ressource).

Les phases du projet

Le projet MERGUSIE (MErguellil : Ressources, Gestion et USages Intégrés de l’Eau)
a été conçu en deux phases, la première ayant été retenue par la Tunisie, comme un Projet National Mobilisateur (PNM) associant la France à travers l'Institut de Recherche pour le Développement (IRD).

Phase 1 : Ce PNM a permis de mener à bien l'acquisition de compléments de connaissances de base, de construire des modèles représentant les relations de transfert d’eau entre le barrage El Haouareb et les nappes, les effets ré-allocatifs de la ressource par les ouvrages CES et d'étudier les adaptations des usages à des variations des ressources disponibles et aussi à des modifications des règles de gestion de l’eau. Un modèle du type multi-agents a été élaboré en vue de formaliser le fonctionnement de la zone minimale d’étude.
Parallèlement aux travaux de modélisation, les architectures d'une base de données sous Access ainsi que celle d'un SIG, sous Arcview, ont été élaborées.
Ces travaux ont conduit à la publication de 10 articles ou communications, 8 posters pour des réunions scientifiques, 6 thèses, 20 mémoires d'ingénieurs ou de Master of Science.

Phase 2 : L'évaluation très favorable des travaux de la "phase 1" a conduit le Ministère de la Recherche Scientifique et de la Technologie Tunisien à demander la poursuite des travaux de recherche entrepris à travers un projet de coopération internationale avec la France sur trois ans (2002-2004). Un collectif de gestion du projet associant l'Institut National Agronomique de Tunis et l'Institut de Recherche pour le Développement, met actuellement en place, les actions nécessaires à la réalisation des objectifs du projet de phase 2 et qui sont au nombre de trois :

• approfondir les connaissances de la zone d'étude et les intégrer dans un système de bases de données général assorti d'une représentation géographique,
• poursuivre le développement de modèles sectoriels représentant plus particulièrement les échanges d'eaux de surface et souterraine incluant la qualité de l'eau, la gestion technique des aménagements, le comportement des acteurs face aux contraintes d'accès à l'eau ou de marché agricole,
• mettre au point un modèle intégrateur de gestion de l'eau simulant l'ensemble des interactions entre le milieu, les aménagements et les usages se développant dans un contexte institutionnel existant ou en évolution.

Ces modèles, destinés aux Services Techniques de l'Etat, doivent être conçus comme des outils de décision et de dialogue avec les usagers en s'appuyant sur des données d'optimisation soit économiques, soit sociales ou soit environnementales. Ils doivent leur permettre de s'engager dans des choix conduisant à une adéquation ressources-usages durable donc techniquement réalisable, économiquement viable et socialement acceptée.
Calés sur le milieu semi-aride tunisien, ils devront être suffisamment génériques pour être transférables sur d'autres types de milieu à ressource en eau limitée et en accès libre.


USAGES ET GESTION DE L'EAU SUR LE BASSIN VERSANT

Les Usages

Les deux usages principaux de l'eau concernent l'eau potable et l'eau d'irrigation.

L'eau potable est exploitée par la SONEDE (Société Nationale d'Exploitation et de Distribution des Eaux) pour la ville de Kairouan et la zone touristique du Sahel à hauteur de 300 l/s et par les GIC pour l'eau rurale. La consommation est estimée à 100 m3 /abonné/an pour la population tunisienne et à 560 l/jour/lit occupé en zone touristique.

Pratiquement, la totalité de la surface irrigable est située dans la plaine de Kairouan et représente 51 000 ha dont :

61 % sont alimentés par des puits de surface, 

17 % à partir des barrages, 

 
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 19 % à partir des forages,

 et 3% par des prises sur oueds ou lacs. 

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Photos, R. Calvez, IRD

Une partie des eaux usées de la ville de Kairouan alimente un périmètre de 240 ha après un traitement primaire. Le taux d'intensification est de 100%.

L'arboriculture (oliviers et agrumes) représente 70 % des surfaces irriguées, arboric.jpg

Photo, C. Legrand, IRD

et les cultures maraîchères (piments, melons, pastèques) 30 %. 

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Photo, R. Calvez, IRD 

Une des particularités de la zone est la présence de cultures intercalaires dans 30% des parcelles arboricoles. intercal.jpg

Photo, J. Abid-Karray,  IRD

Le prix moyen de l'eau en périmètre irrigué public est de 0,060 dt le m3 ( 0,04 dollars) et le volume total agricole prélevé est de 30 millions de m3 / an.

Sur le bassin versant, se développe lentement une agriculture irriguée autour des lacs et retenues collinaires mais la majorité de la production agricole reste la culture en sec (céréales) et l'élevage.
Sur l'ensemble de la zone d'étude du projet, la population est à 93 % rurale et l'activité agricole souffre actuellement d'un manque de main d'œuvre spécialement en plaine avec une potentialité de 1.5 millions de journées de travail par an.

La gestion de l'eau

Pour les usages de l'eau, l'eau potable est jugée prioritaire et des interdictions d'usages agricoles ou autres pourraient être mises en place en cas de défaillance sur les ouvrages de la SONEDE ou des GIC d'eau potable rurale.

 

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Photo, R. Calvez, IRD

Pour l'accès à l'eau agricole, il est pour le moment libre sur les lacs et retenues collinaires ainsi que dans les nappes si la profondeur du puit n'excède pas 50 m. Il s'agit d'un choix politique dont l'objectif est la fixation des populations rurales par le biais de l'augmentation de ses revenus générée par l'agriculture irriguée.

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Le problème majeur qui se pose est lié à l'approfondissement illégal des puits grâce à des mini forages qui permettent un rabattement de la nappe de plaine supérieur à 50 m.
Par contre, les forages supérieurs à 50 m sont soumis à autorisation.
Dans ce système, l'état intervient au niveau du suivi piézométrique des nappes mais ne fait que constater leur abaissement constant. Pour essayer de freiner cet abaissement, il encourage les économies d'eau en subventionnant à 60 % les équipements parcellaires ayant une meilleure efficience que le gravitaire.
Pour la gestion globale, seuls les deux grands barrages ont un programme de gestion qui prévoit des lâchers dans l'oued dont le but est la recharge de la nappe aval.
Au niveau des périmètres irrigués publics, l'état reste propriétaire des ouvrages mais en confie l'exploitation et la maintenance légère à des groupements d'usagers (GIC) espérant réduire ses dépenses, maîtriser les consommations en eau agricole et améliorer la valorisation économique de l'eau.

 

 

Lu 5639 fois Dernière modification le mercredi, 12 décembre 2012 13:48

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